Rheinischer Sauerbraten mit Semmelknödeln

(Rôti de la vallée du Rhin)

2 heures

22 ingrédients

Eva

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Allemagne

Ingrédients :

  • 1,2 kg viande de bœuf (rôti) 
    Marinade :

  • 200 ml vinaigre du vin

  • 1 bouteille de vin rouge

  • 2 oignons en petits morceaux

  • 1 morceaux du céleri rave en dés d’1 cm

  • 150 g de carottes en dés d’environ 1 cm 

  • 8 grains de poivre 

  • 5 baies de genièvre 

  • 2 feuilles de laurier

  • 1 cs de sucre

  • 1 cc de sel 

Sauce :

  • 40 g de raisins secs

  • 100 g de pain d’épices

  • 1 cs de miel (optionnel)
     

Semmelknödel (boulettes à base de pain) : 

  • 250 g de baguette coupée en morceaux la veille afin qu'ils soient un peu rassis

  • 150 ml de lait chaud

  • 2 œufs

  • 1 oignon coupé en petit dès

  • 25 g de beurre

  • 1 cc de sel

  • Un peu de muscade, de poivre et de persil haché

Préparation :

1. Faites bouillir tous les ingrédients sauf le vinaigre pendant environ une minute afin que l’alcool s’évapore et que les                légumes et les épices donnent un goût à la marinade. Retirez du feu et ajoutez le vinaigre. Laissez refroidir la marinade          complètement. 

2. Ensuite, placez la viande dans un récipient et versez dessus la marinade. La viande doit être couverte, si ce n’est pas le          cas, rajoutez un peu d’eau. Posez un couvercle sur la casserole et mettez la viande à mariner au réfrigérateur pendant au      moins 4 jours (jusqu’à 7 jours). 

3. Préchauffez le four à 180°C. Sortez la viande du réfrigérateur. Séchez-la avec du papier absorbant. Tamisez la                    marinade, enlevez les épices (mettez-les de côté) et faites-la bouillir. Clarifiez-la en enlevant la mousse qui surgit. 

4. Dans une cocotte, faites saisir la viande de chaque côté dans de l’huile d’arachide. Retirez la viande et mettez-la de côté.      Dans la même cocotte faites brunir les légumes de la marinade avec un peu d’huile. Déglacez avec la marinade. Ajoutez-      y les épices réservées plus tôt. 

5. Salez et poivrez bien la viande. Mettez-la dans une cocotte avec les légumes et la marinade.  Mettez le couvercle de la        cocotte et placez-la au four. 

6. Laissez mijoter à 180°C pendant deux heures et demie. Tournez la viande toutes les 30 minutes afin que la cuisson soit          uniforme.

7. Sortez le rôti du four et mettez-le de côté. Tamisez la sauce. Ajoutez-y le pain d’épice et homogénéisez la sauce avec un        mixeur plongeant. Rajoutez-le miel et les raisins secs. Assaisonnez à votre convenance et liez la sauce avec un peu de          fécule préalablement diluée dans un peu d’eau froide.  

8. Coupez la viande (comme un rôti). Servez avec des Semmelknödel (boulettes à base de pain ou de baguette). 

9. Préparez des Semmelknödel : faites revenir les dés d’oignon dans du beurre et laissez-les brunir. Dans un bol mettez les         morceaux de baguette, ajoutez-y du lait chaud, les oignons ainsi que l’assaisonnement. Ajoutez ensuite les œufs.                  Mélangez  bien, couvrez et laissez reposer pendant trois quarts d’heure. 

10. Pétrissez avec les mains en testant la texture de ce mélange. Si elle est trop humide, rajoutez de la chapelure, si elle est          trop sèche rajoutez un peu de lait. Formez 8 boulettes (avec les mains un peu humides). 

11. Faites chauffer de l’eau salée dans un faitout. Plongez-y les 8 boulettes. Elles ne doivent pas bouillir mais simplement              infuser pendant environ 20 minutes.

12. Chauffer de l’eau salée dans un faitout. Plongez-y les 8 boulettes qui ne doivent pas bouillir mais simplement infuser              pendant environ 20 minutes. 

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                                                               avec sa grande capeline et son tailleur noir élégant revenant de la messe du matin à laquelle elle se rendait régulièrement, ma grand-mère Barbara. Catholique croyante elle trouvait confiance et consolation dans ses prières.  Avec sept enfants, dont trois fils ayant dû aller à la guerre, elle ne pouvait qu’espérer le meilleur. Ils en étaient tous revenus, certes blessés et malades, mais ayant survécu à cette terrible épreuve. Leur jeune âge les avait aidés à guérir, et ma grand-mère tenait à rendre grâce à Dieu d’avoir protégé ses enfants et leurs familles qui s’agrandissaient.

J’avais onze ans, et j’étais insouciante de tout cela. Quel bonheur que de passer les vacances chez mes grands-parents dans ce petit village sur le Rhin, non loin de Rüdesheim ! Chaque matin, j’aidais mon grand-père Anton à mettre la table pour le petit déjeuner que nous allions prendre ensuite, au retour de ma grand-mère.

Je la revois toujours

Pleine de nouvelles énergies, je courais alors chez ma tante pour y retrouver mes six cousines et cousins. Quand le temps était beau, Ulrike, ma cousine préférée et moi, pouvions accompagner mon oncle dans son travail de vigneron. Il conduisait le petit Unimog qui nous avait emmenés à l’étable, où Nick, le cheval mâchait encore son foin.  Peu après, nous étions prêts pour partir dans les vignobles, moi en selle sur Nick, et lui attelé au chariot dans lequel étaient assis ma cousine et son père. Le travail consistait à nouer les jeunes vignes à leurs supports. Instruites par mon oncle, nous tentions de faire notre mieux. 

Je me souviens encore des journées très chaudes. Pour nous rafraîchir, mon oncle nous emmenait sur le Rhin avec son petit voilier, traversant les chenaux réservés aux barges et aux bateaux à vapeur faisant des allers-retours pour touristes jusqu’à La Lorelei.  Au milieu du Rhin, là où des remparts arborés ralentissaient le courant, nous pouvions nous baigner en toute sécurité, ignorant les quelques poissons morts, flottant autour de nous.

Les vacances, dans le village natal de ma mère, c’étaient des heures de jeux avec mes cousins et cousines, des mille petites aventures, et le soir venu, heureuse et fatiguée, je rentrais chez mes grands-parents, pour me ressourcer. Les week-ends, ma grand-mère mijotait souvent mon plat préféré, le « Sauébraade », comme elle disait avec son joli et doux accent hessois. J’adorais ce goût aigre-doux de la sauce et des raisins secs ramollis. Et quand, aujourd’hui, je cuisine cette recette, les souvenirs renaissent évoquant des vies, des personnes, des paysages effacés dans le temps.